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le cancre
Vous enchaînez les périodes d’essais depuis la sortie du lycée. Votre mère a arrêté de vous pistonner auprès de ses contacts. Votre grand-mère ne cherche plus à savoir où vous bossez. Vous n’avez aucun numéro de collègue dans votre portable… Vous êtes bien le cancre de l’entreprise. Vous n’y pouvez sûrement rien, mais le travail agit sur vous comme un répulsif sur les poux. Même avec toute la bonne volonté du monde et beaucoup de concentration, au mieux vous oubliez de vous réveiller seulement 12 fois par mois. À l’inverse de l’employé du mois, personne ne peut compter sur vous au boulot et tout le monde le sait. Votre réputation vous précède et comme ça on vous fout la paix ! Mais vous au moins vous ne laissez pas tomber vos meilleurs potes pour une « conf call » avec L.A. Vous n’oubliez jamais vos enfants à la sortie de l’école. Le stress vous ne savez pas ce que c’est. Et ça, ça vaut de l’or !
Le syndicaliste
17h50, vous rangez rapidement votre dernière banderole dans un coin et foncez vers la sortie. Demain c’est votre jour, vous menez vos collègues au front. Le hall de l’immeuble sera votre théâtre, les patrons vont passer un sale quart d’heure. Vos revendications sont inscrites en majuscules sur les tracts que crache la photocopieuse depuis 2 jours. L’heure du combat est proche et vous êtes partagé entre excitation et détermination. Vous jubilez ! Des jours comme ceux-là sont trop rares. Qu’importe, vous savez profiter des petits plaisirs d’entreprise quotidiens : machine à café, cafétéria et débats animés au pied de l’immeuble pendant la pause clope. Vous êtes indispensable au bien-être collectif. Vos collègues bénissent chaque jour vos coups de gueule et votre soif de justice. L’entreprise pour vous c’est une grande attraction sociale. Allez, un pour tous !
L’employé du mois
Travailler pour vous c’est comme respirer, c’est vital. Vous prenez la vie en entreprise très au sérieux. Dans vos cauchemars les plus fous, vous arrivez au bureau mal coiffé, avec 5 minutes 30 de retard et le sentiment que quelqu’un a emprunté votre agrafeuse sans vous en parler. Dans vos rêves les plus doux, votre photo trône tous les mois dans le cadre réservé au meilleur élément de la société, vous organisez le plus émouvant des pots de départ et vos collègues vous embrassent tous chaleureusement. Bref, vous aimez votre boîte et elle vous le rend bien. Des employés comme vous il y en a peu et vous savez vous rendre indispensable. Collègues, patrons et clients : tout le monde compte sur vous. Mais attention, il ne faudrait pas que le monde s’arrête de tourner le jour où la grippe vous cloue au lit. Allez juste une fois, pour voir ce que ça fait, arrêtez-vous une journée quand vous atteindrez 40 de fièvre.
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